samedi, août 30, 2025
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Publication du rapport du 2 trimestre 2025 : Pape Malick Ndour pointe des “manquements graves “

Le Ministère des Finances et du Budget de la République du Sénégal a rendu public dimanche le rapport trimestriel d’exécution budgétaire pour le deuxième trimestre 2025. Toutefois, le document a suscité beaucoup de réactions de la part de l’opposition comme c’est le cas avec Pape Malick Ndour, qui bien qu’il en félicite le gouvernement pour le respect des délais, relève de “graves manifestations” qui selon lui “traduise l’opacité et l’incapacité du régime à assurer une gestion publique crédible “

Membre du Secrétariat exécutif de l’APR, parti fondé par l’ancien président Macky Sall, Pape Malick Ndour, connu pour ses prises de positions envers le régime en place, a réagi suite à la publication par le ministère du budget et des finances du rapport trimestriel d’exécution budgétaire pour le deuxième trimestre 2025. L’économiste qui s’est d’emblée félicité pour le respect des délais dont le gouvernement a fait montre, a toutefois, mis le curseur sur plusieurs manquements que contient le document. Des insuffisances selon lui « traduisent l’opacité et l’inefficacité d’un régime incapable d’assurer une gestion publique crédible. » Dans un texte partagé sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre de la jeunesse évoque entre autres, la méthode rédactionnelle, la transparence, la masse salariale entre autres.

En ce qui concerne la méthologie rédaction, Pape Malick Ndour parle d’« Une méthodologie de rédaction volontairement appauvrie ». L’ancien ministre de la jeunesse trouve que la rupture méthodologique opérée dans la rédaction du rapport est troublante. Selon « La suppression des informations sur les moins-values ou plus-values de recettes prive les citoyens d’un indicateur essentiel pour évaluer la performance du gouvernement en matière de mobilisation des ressources. Cette opacité délibérée ressemble à une stratégie d’évitement, destinée à masquer les contre-performances éventuelles et à empêcher toute évaluation objective de la politique budgétaire. »

Quant à la question sur la transparence, l’économiste de formation dénonce « Une transparence sacrifiée au sommet de l’État ». « La disparition de la ventilation des dépenses par institution (Présidence, Assemblée nationale, Primature et ministères) constitue une régression majeure. Elle empêche désormais de savoir ce que consomment réellement les plus hautes institutions de la République. Or, il s’agit d’une obligation légale et morale pour un gouvernement qui prétend gouverner au nom du peuple. Refuser de publier ces annexes, c’est refuser de rendre des comptes et cultiver le secret autour de l’utilisation de l’argent public par les plus hautes autorités », a estimé l’ancien coordonnateur national du Prodac.

Le président du Conseil départemental de a également alerté sur le fait que les partenaires financiers tournent le dos à l’actuel régime. En se référant à la page 12 du document, il déclare « Le constat est brutal : zéro franc mobilisé sur les 45 milliards d’appui budgétaire prévus. Quant aux dons en capital, seuls 19 milliards ont été reçus, sur une prévision de 241,6 milliards. Autrement dit, les partenaires techniques et financiers tournent le dos à ce gouvernement. Cette absence de confiance traduit un isolement inquiétant du Sénégal sur le plan financier, et elle est la conséquence directe de choix économiques incohérents, de promesses non tenues et d’une gouvernance budgétaire qui manque de lisibilité. »

S’agissant cependant de la masse salariale qu’il trouve incontrôlée, l’actuel Coordinateur national de la Convergence des Cadres républicains (CCR) sonne la sonnette d’alarme sur une explosion de celle-ci, car selon lui, « avec une hausse de 22,9 milliards par rapport à la même période de l’année dernière. Comment expliquer cette contradiction flagrante ? Pendant que l’État peine à financer ses investissements, il continue d’alourdir les charges salariales, nourries par le clientélisme. Ce déséquilibre chronique met en péril la soutenabilité des finances publiques », a-t-il souligné.

Pour finir, M. Ndour a révélé un blocage de l’investissement public qui d’après lui « hypothèque l’avenir ». Pour lui, « Après six mois d’exercice, seuls 11,9 milliards ont été dépensés pour l’investissement public, soit moins de 2 milliards par mois. Dans le même temps, l’État consomme 27 milliards chaque mois pour son fonctionnement. Ce contraste illustre une priorité donnée aux dépenses de prestige et de confort du pouvoir, au détriment de l’investissement productif attendu par les Sénégalais. Le blocage est aggravé par la centralisation des validations à la Primature, transformée en goulot d’étranglement », regrette l’économiste qui trouve en ce rapport « le miroir d’un pouvoir qui s’éloigne chaque jour un peu plus des exigences de transparence, de crédibilité et de responsabilité. Il traduit l’échec d’une gouvernance incapable de rassurer ses partenaires, d’investir pour l’avenir et de dire la vérité à son peuple. »

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