À chaque saison des pluies, le même scénario se répète : rues impraticables, maisons envahies par les eaux, habitants désemparés. Aux Parcelles Assainies, malgré un nom qui évoque la maîtrise des eaux, la réalité est tout autre.
Avec une population dépassant les 300 000 habitants, les infrastructures d’assainissement conçues à l’origine pour une capacité bien moindre sont aujourd’hui totalement dépassées. Les rares canaux d’évacuation, souvent obstrués, peinent à remplir leur rôle, tandis que les zones de bas-fond deviennent de véritables bassins de rétention improvisés. Résultat : de vastes étendues inondées au cœur d’une commune densément peuplée.
Face à l’urgence, les autorités locales tentent de réagir. Le maire Djamil Sané, épaulé par des élus et partenaires, a pu compter sur le soutien de Mme Ngoné Mbengue, maire de la ville de Dakar, qui a dépêché des camions hydrocureurs pour pomper l’eau dans les zones critiques. Le député Bacary Diédhiou s’est également rendu sur place pour manifester sa solidarité auprès des sinistrés.
Ces efforts, bien que salués par les habitants, ne constituent qu’une réponse conjoncturelle à un problème structurel. Car l’assainissement, compétence non transférée aux communes, relève de l’État et de ses structures spécialisées, comme l’ONAS. Sans un plan d’aménagement global et durable, la commune restera vulnérable.
Dans un contexte marqué par le changement climatique et l’intensification des pluies, ignorer cette réalité équivaudrait à condamner chaque année des milliers de familles à l’angoisse des inondations. Les Parcelles Assainies méritent mieux qu’un simple nom : elles méritent des solutions concrètes et durables.