Dakar, 1er juillet 2025 – Les Chambres réunies de la Cour suprême ont tranché. Ce mardi, elles ont rejeté la requête en rabat d’arrêt déposée par les avocats d’Ousmane Sonko, confirmant ainsi la décision rendue le 4 janvier 2024 par la Chambre pénale dans l’affaire de diffamation l’opposant à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang.
La défense du leader de Pastef invoquait des vices de procédure, notamment des violations du droit à un procès équitable et du principe du contradictoire. Les avocats de Sonko estimaient que la décision de la Cour suprême comportait des irrégularités et que la condamnation pour diffamation n’était pas suffisamment fondée juridiquement. Ils contestaient en particulier la manière dont certaines démarches judiciaires avaient été conduites.
Mais dans leur verdict final, les Chambres réunies ont jugé ces arguments irrecevables, enterrant définitivement la procédure judiciaire. La condamnation de Sonko à six mois de prison avec sursis et au paiement de 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts à Mame Mbaye Niang est ainsi maintenue.
Cette affaire remonte à 2022, lorsqu’Ousmane Sonko avait publiquement accusé Mame Mbaye Niang de détournement de fonds dans le cadre du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac), évoquant un montant de 29 milliards de francs CFA, sur la base d’un supposé rapport de l’Inspection générale des finances (IGF). En réponse, l’ancien ministre de la Jeunesse avait déposé une plainte pour diffamation.
Condamné en première instance, Sonko avait fait appel, sans succès. La Cour d’appel avait confirmé la peine, tout comme la Chambre pénale de la Cour suprême en janvier 2024, tout en supprimant la mesure de contrainte par corps. Le rejet de la requête en rabat d’arrêt met donc un terme définitif à cette procédure judiciaire.
Ce verdict pourrait avoir des implications politiques, notamment en matière d’éligibilité d’Ousmane Sonko à de futures élections, renforçant les accusations de ses partisans sur une instrumentalisation de la justice.