Face à ce constat, le gouvernement a engagé des mesures correctives, notamment la limitation de la détention correctionnelle à six mois. La durée moyenne de détention est actuellement d’un an. Me Diagne a rappelé que la question des longues détentions provisoires avait été au centre des débats lors des Assises nationales de la justice en mai 2024, insistant sur l’urgence de réformes structurelles pour garantir le respect des droits fondamentaux et l’efficacité de la justice.
Parallèlement, le ministre a annoncé la création imminente d’un Centre national du casier judiciaire. Cette structure aura pour mission de centraliser et de dématérialiser les demandes de casier judiciaire, un document indispensable pour de nombreuses procédures administratives et judiciaires. L’objectif est de simplifier et d’accélérer son obtention, grâce à une démarche entièrement numérique.
Cette initiative s’inscrit dans un vaste chantier de modernisation de la justice et de renforcement de la transparence, comprenant notamment la déclaration obligatoire de patrimoine, la réforme de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) et le déploiement d’une bibliothèque juridique numérique. Autant de projets qui témoignent de la volonté des autorités de construire une justice plus accessible, efficace et intègre, grâce au levier du numérique.
Ainsi, entre résorption des délais judiciaires et digitalisation des services publics, le Sénégal poursuit sa mue pour renforcer l’État de droit et offrir à ses citoyens une justice plus moderne et plus juste.