samedi, août 30, 2025
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BARTHELEMY DIAS ET LA MAIRIE DE DAKAR – Quand l’administration défie le suffrage universel (Contribution)

Le feuilleton autour de la mairie de Dakar ne relève plus seulement d’un différend administratif. Il révèle un bras de fer plus profond entre la légitimité des urnes et la tentation persistante d’une partie de l’administration de tordre le cou à la volonté populaire.

Le 11 décembre 2024, le Préfet de Dakar a cru bon de «démissionner» Barthélémy Toye Dias de son mandat de maire, en invoquant une vieille condamnation judiciaire. Comme si un fonctionnaire de l’État pouvait, d’un simple courrier, effacer l’expression souveraine des électeurs de Dakar en 2022.

Une riposte juridique et politique

Face à ce qu’il considère comme un abus de pouvoir manifeste, Barthélémy Dias n’a pas cédé. Le 2 janvier 2025, il a saisi la Cour suprême d’un recours en annulation, assorti d’une demande de sursis à exécution. Autrement dit, il exige que cette décision administrative soit gelée tant que la justice n’a pas tranché sur le fond.

Le 20 août 2025, sa requête a été signifiée à toutes les parties concernées : le maire intérimaire de Dakar, le Préfet et l’État du Sénégal. Objectif : couper court à la réunion du Conseil municipal convoquée le 25 août 2025 pour entériner sa prétendue vacance.

Le vrai enjeu : la démocratie locale

Au-delà des procédures, une question cruciale s’impose : peut-on accepter que des fonctionnaires non élus invalident le choix clair des citoyens ?

Le mandat de Barthélémy Dias ne tient pas d’une faveur administrative, mais du suffrage universel direct. Le retirer sans passer par les urnes, c’est ouvrir une brèche dangereuse dans l’édifice démocratique.

Un symbole national

La bataille qui se joue à Dakar dépasse la personne de Barthélémy Dias. Elle engage la crédibilité de nos institutions et la confiance des Sénégalais dans leur démocratie. Si un maire élu de la capitale peut être évincé par un simple arrêté préfectoral, qu’en sera-t-il demain des maires des communes rurales ?

La Cour suprême, en se prononçant, ne dira pas seulement le droit : elle enverra un signal fort sur l’état de droit au Sénégal. En attendant, le peuple observe, inquiet, mais, vigilant.

En tout état de cause, ce qui se joue à Dakar n’est pas seulement le sort d’un homme, mais, l’avenir du suffrage universel au Sénégal.

BBF

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