Dès l’entame, l’élu a exprimé de profondes réserves quant à la gestion passée de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Il a pointé du doigt Serigne Bassirou Gueye, ancien procureur, qu’il accuse d’avoir produit des faux dans le dossier d’Ousmane Sonko et de n’avoir donné aucune suite aux rapports de l’OFNAC. « On ne peut confier une institution anticorruption à une personne qui a montré autant de complaisance », a martelé le parlementaire.
Pour autant, il a reconnu que la réforme de l’OFNAC et la nouvelle loi sur la déclaration de patrimoine représentent une avancée. Selon lui, ces textes permettront de renforcer le contrôle des autorités publiques et de réduire l’enrichissement illicite. Mais il a appelé à aller plus loin, en rendant l’institution « réellement efficace et capable de répondre aux attentes du peuple sénégalais ».
Au-delà de la lutte anticorruption, Guy Marius Sagna a élargi son propos à d’autres questions nationales. Sur le plan économique, il a défendu la souveraineté monétaire, rappelant le slogan « franc CFA dégage ». À ses yeux, « aucun pays ne peut se développer sans sa propre monnaie », et l’usage du français dans ses discours vise à envoyer un message direct aux puissances occidentales.
Le député a également critiqué la lenteur de la justice, citant l’affaire Cheikh Wade comme symbole d’un système trop lent à statuer sur des dossiers graves. « Plus de 80 personnes ont perdu la vie et les Sénégalais attendent des réponses. Ce que nous demandons, ce n’est pas la pression sur les juges, mais la célérité », a-t-il insisté.
Enfin, sur le plan international, il a évoqué le dossier de l’avocat français Juan Branco, rappelant que la justice espagnole réclame depuis un an des explications sur son arrestation et sa détention à Dakar. Pour Guy Marius Sagna, ce silence fragilise l’image de la justice sénégalaise et appelle des clarifications immédiates.
En conclusion, le député a rappelé que le projet de loi sur la déclaration de patrimoine ne doit pas être un simple texte symbolique, mais un instrument concret pour restaurer la confiance entre l’État et ses citoyens.