Le département de Mbour, particulièrement touché par les disparitions liées à la migration irrégulière, a vu la participation active de familles venues de Joal, Malicounda, Thiadiaye et Pointe-Sarène. Cette initiative visait à offrir un espace de solidarité, de témoignage et de plaidoyer aux familles confrontées à la douloureuse incertitude de la disparition.
« Les familles, confrontées à une attente et une incertitude douloureuse, ont exprimé leur besoin de rendre hommage à leurs êtres chers, de témoigner leur souffrance, d’affirmer leur droit de savoir, mais aussi de partager un espace de solidarité et de soutien », a déclaré Begoña Piñeiro Costas, déléguée à la protection des liens familiaux au CICR Dakar.
La présidente de la Fédération nationale des Associations des familles de personnes portées disparues, Yayi Bayam Diouf, a appelé à une reconnaissance plus forte de la souffrance des familles :
« Nous avons besoin d’un accompagnement digne, structuré et durable. Nous appelons les autorités et la société sénégalaise à s’approprier notre situation difficile et à nous soutenir dans notre quête de force et de résilience. »
En marge de cette journée, un atelier de renforcement des capacités s’est tenu les 28 et 29 août à l’intention de vingt responsables associatifs venus de plusieurs régions, dont Tambacounda, Saint-Louis et Ziguinchor. L’objectif : renforcer leur autonomie en matière de gestion et de mobilisation des ressources.
D’autres activités commémoratives avaient également été organisées en juillet dernier dans les régions de Sédhiou, Goudomp, Oussouye et Ziguinchor, réunissant près de 300 proches de disparus.
Selon les données du Réseau des liens familiaux du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, plus de 284 000 personnes étaient toujours portées disparues à travers le monde à la fin de 2024, un chiffre largement sous-estimé.
« Notre Société Nationale magnifie cette approche cohérente, efficace et inclusive, fruit de notre coopération humanitaire. Elle vise à soulager les souffrances de milliers de familles au Sénégal », a souligné Abdou Khadre Thioune, chef du département des opérations de la CRS.
Le CICR et la CRS ont réaffirmé leur engagement à accompagner les familles de personnes disparues, en leur apportant un soutien psychologique, administratif et juridique, et en continuant de porter leur voix auprès des autorités nationales et internationales.