samedi, août 30, 2025
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Tanzanie : une campagne électorale 2025 placée sous le signe du numérique

La Tanzanie entre dans une nouvelle ère politique ce jeudi avec l’ouverture officielle de la campagne électorale en vue des élections générales prévues fin octobre. Cette année, les partis politiques misent massivement sur les outils numériques pour séduire les électeurs, marquant ainsi un tournant inédit dans l’histoire électorale du pays.

Premier à dégainer une innovation technologique, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), parti au pouvoir depuis l’indépendance, a dévoilé en début de semaine un chatbot basé sur l’intelligence artificielle, baptisé « Kijani Ilani », soit « manifeste vert » en swahili. Accessible sur WhatsApp, cette plateforme conversationnelle permet aux citoyens de poser des questions sur le programme du parti et d’obtenir des réponses instantanées.

« C’est une manière moderne de rapprocher le programme du peuple, en particulier des jeunes et des électeurs urbains », a déclaré un responsable du CCM lors d’une conférence de presse. Le parti espère ainsi consolider sa base électorale tout en modernisant son image.

De leur côté, les partis d’opposition investissent massivement les réseaux sociaux. Facebook, X (anciennement Twitter), Instagram et TikTok deviennent leurs principales plateformes de communication, permettant un contact direct avec les électeurs. Des vidéos virales, des lives interactifs et des infographies critiques du pouvoir se multiplient, dans une stratégie de contre-discours numérique.

« Le terrain est verrouillé, mais le numérique reste un espace de liberté », confie un jeune militant de l’opposition. Ces partis misent aussi sur des campagnes de sensibilisation à la désinformation et à la sécurité numérique, conscientes des dérives potentielles de ces outils.

Si cette numérisation de la campagne offre de nouvelles opportunités d’engagement politique, elle n’est pas sans poser problème. La fracture numérique reste importante, notamment dans les zones rurales où l’accès à Internet est limité. Par ailleurs, plusieurs ONG locales mettent en garde contre une possible surveillance renforcée des activités en ligne des citoyens.

« Les technologies peuvent être un formidable levier démocratique, mais aussi un outil de contrôle s’il n’y a pas de garde-fous », alerte une représentante de l’organisation Civika.

Alors que la Tanzanie s’apprête à vivre l’une de ses campagnes électorales les plus technologiques, les observateurs internationaux restent attentifs à l’évolution du climat politique. La dernière élection présidentielle, en 2020, avait été marquée par des accusations de fraude et des restrictions à la liberté d’expression. Cette année, les enjeux sont doubles : préserver la stabilité démocratique et gérer prudemment les outils numériques qui redéfinissent le rapport entre les citoyens et leurs dirigeants.

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