Le Sénégal a franchi une étape déterminante dans le renforcement de son système de santé publique avec le lancement officiel, ce vendredi à Dakar, du programme de mise en œuvre de la surveillance collaborative. Cette initiative, portée par le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS), vise à construire une vision partagée des priorités sanitaires et à renforcer la capacité de réponse face aux risques émergents.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, de représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de la Fondation Bill & Melinda Gates, ainsi que de nombreux acteurs du secteur de la santé humaine, animale et environnementale.
Le programme repose sur huit axes stratégiques, parmi lesquels figurent :
Le renforcement du groupe thématique de surveillance de la plateforme One Health ,la mise en place d’un système intégré de gestion des données sanitaires.la création d’un cadre de collaboration intersectorielle entre centres de recherche et services publics.l’amélioration du cadre réglementaire pour le partage sécurisé des données• Le développement de la détection précoce au niveau déconcentré et l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) comme levier d’innovation en matière de surveillance sanitaire.
Pour le ministre Ibrahima Sy, ce projet est bien plus qu’une simple réforme administrative.« La surveillance collaborative n’est pas un concept théorique, mais une approche pragmatique et opérationnelle. Elle marque notre ambition de construire un système de santé plus intégré, plus réactif et mieux préparé face aux risques émergents », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur le caractère inclusif du processus, en soulignant l’importance d’aligner les recommandations techniques issues de trois jours d’ateliers avec les priorités institutionnelles et les mécanismes de gouvernance déjà existants.
Présente à la cérémonie, la représentante de la Fondation Gates, Valérie Berno, a rappelé l’urgence d’agir face à l’augmentation des menaces sanitaires mondiales :« En 2025, avec la multiplication des épidémies et la raréfaction des ressources, nous n’avons plus le choix. La collaboration, l’efficacité et la mutualisation des efforts sont des impératifs.
De son côté, le représentant de l’OMS au Sénégal, Dr Madi Ba, a salué la dynamique nationale impulsée par le MSAS :« Les urgences de santé publique sont de plus en plus complexes et imprévisibles. La détection précoce et la préparation ne sont plus des options, mais des obligations. »
Avec ce programme, le Sénégal s’inscrit pleinement dans l’approche « Une seule santé » (One Health), qui prône une action conjointe entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale pour faire face aux menaces sanitaires globales.
Un plan d’action clair sera élaboré dans les semaines à venir, avec des engagements concrets attendus de l’ensemble des parties prenantes.