L’accusation de corruption portée par Ousmane Sonko à l’encontre de certains magistrats a provoqué une onde de choc au sein de la magistrature. Ces propos, considérés comme une attaque frontale contre l’intégrité de la justice, ont été fermement rejetés par les membres de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), qui exigent des excuses publiques du chef du gouvernement.
Selon le journal L’As, une proposition d’audience initiée par la Primature pour le mercredi 9 juillet a été rejetée en bloc par les magistrats. Malgré les efforts d’apaisement de certaines figures de la hiérarchie judiciaire, les juges refusent de dialoguer avec celui qu’ils considèrent comme leur « insulteur », redoutant un échange inutile, voire humiliant.
La crispation est née du rejet par la Cour suprême de la requête en rabat d’arrêt introduite par Sonko dans son procès pour diffamation contre Mame Mbaye Niang. Depuis cet épisode, l’UMS, pourtant habituée à réagir promptement, s’est murée dans un silence inhabituel, témoignant de la gravité de la situation.
La Primature a nié toute demande de rencontre, mais L’As affirme détenir une preuve contraire : un message d’un conseiller du Premier ministre adressé au président de l’UMS, proposant une rencontre pour le 9 juillet. Ce geste est perçu par la base des magistrats comme une manœuvre purement politique, sans réelle volonté de réconciliation.
Dans les discussions internes à l’UMS, de nombreux membres refusent tout dialogue sans prise de position claire de la part du Premier ministre. Pour eux, cette crise met en péril l’État de droit et appelle une réponse institutionnelle forte.