Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a profité de la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, tenue à Séville, pour plaider en faveur d’une réforme en profondeur de la gouvernance mondiale de la dette.
Co-présidant une table ronde de haut niveau aux côtés du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le chef de l’État sénégalais s’est adressé à un public composé de dirigeants mondiaux, de responsables d’institutions financières internationales et de membres de la société civile. Son message a été sans détour : « L’architecture actuelle de la dette n’est pas adaptée. Elle est injuste et souvent déconnectée des réalités économiques et des priorités fondamentales telles que l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable ou à une alimentation suffisante. »
Pour Bassirou Diomaye Faye, la réforme de la dette doit s’appuyer sur les principes de justice, d’équité et de transparence. Il a également dénoncé les biais persistants dans les critères d’évaluation des agences de notation, qui pénalisent les économies des pays du Sud.
Face aux crises multiples qui secouent le monde « climat, santé, économie », le président sénégalais a proposé l’introduction de clauses de suspension automatique de la dette en cas de choc majeur. Une telle mesure, selon lui, permettrait aux États touchés de concentrer leurs ressources sur la gestion des urgences humanitaires et économiques, au lieu de s’enliser dans le remboursement des dettes.
« Ensemble, continuons de porter cette voix pour que la finance soit au service du développement humain », a conclu Bassirou Diomaye Faye, réaffirmant son engagement à défendre les intérêts des pays africains et en développement dans les grandes instances internationales.